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~ DES DÉFINITIONS ~

Un vecteur est un arthropode hématophage (insecte ou acarien) capable de transmettre un agent infectieux (parasite, bactérie ou virus) d’un hôte vertébré vers un autre hôte vertébré. Les principaux arthropodes vecteurs sont les moustiques, les tiques et les phlébotomes. Les maladies qui suivent cette voie de transmission sont qualifiées de maladies à transmission vectorielle. Lorsque l’agent infectieux est un virus, celui-ci est dénommé arbovirus pour « arthropod-borne virus ».
La compréhension de la transmission des maladies vectorielles et de leurs modifications nécessite de considérer le système vectoriel dans son ensemble, c’est-à-dire les hôtes vertébrés (homme ou animal), l’agent pathogène, l’arthropode vecteur ainsi que les interactions entre ces trois protagonistes et l’environnement dans lequel elles ont lieu.
En général – et c’est le cas pour les virus transmis par les moustiques tels que les virus de la dengue, du chikungunya… -, il s’agit d’une transmission biologique. Le vecteur, pour pouvoir transmettre un agent infectieux, va s’infecter au contact d’un hôte et être ensuite capable de multiplier et disséminer cet agent au niveau de divers tissus de son organisme, en particulier dans les glandes salivaires. C’est un processus complexe, qui nécessite une coadaptation entre une espèce d’arthropode donnée et un agent infectieux en particulier. Ainsi, seules quelques espèces de moustiques seront capables de transmettre les virus cités précédemment, au premier rang desquels Aedes aegypti, largement présent dans la zone intertropicale, et Aedes albopictus, espèce invasive désormais présente dans de nombreux départements de France métropolitaine. Ce processus s’inscrit par ailleurs dans le temps (il faut ainsi environ une semaine en France métropolitaine pour qu’un moustique infecté devienne infectant) et est fortement impacté par les conditions environnementales.

Jourdain Frédéric, Paty Marie-Claire. Impact des changements climatiques sur les vecteurs et les maladies à transmission vectorielle en France. Les Tribunes de la santé 2019 ; 61(3) : pp.41-52. En ligne : https://www.cairn.info/revue-les-tribunes-de-la-sante-2019-3-page-41.htm

 

 


 

Les [maladies à transmission vectorielles] renvoient au traitement des objets complexes qui implique des démarches interdisciplinaires (sciences biomédicales-sciences sociales-sciences écologiques, par exemple) insuffisamment développées et reconnues, malgré les incitations institutionnelles récentes (programmes SEST de l’ANR ou MIE du CNRS…). Par exemple, comment appréhender la prégnance ou la réémergence dans un milieu donné des maladies transmissibles vectorielles sans prendre en compte la relation du milieu avec le vecteur, d’une part, et les comportements humains, d’autre part ? D’autant qu’en matière d’arbovirose, selon les spécialistes, ce sont dans 90 % des cas les comportements humains qui sont à l’origine du développement de pathologies. Mais c’est aussi, dans le même temps, une question vive dans l’espace public, qui peut être l’objet d’importantes controverses, comme l’a montré la gestion de l’épidémie du chikungunya à l’île de la Réunion. »

Bley Daniel. Les maladies à transmission vectorielle, pourquoi s'y intéresser ? Natures Sciences Sociétés 2010 ; 18(2) : pp. 101-102. En ligne : https://www.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2010-2-page-101.htm